Intervention Rachid Temal – 10 Mai 2011 – Salle des fêtes de Taverny
Mai 1981 – mai 2012. De François MITTERRAND à une nouvelle espérance !
Intervention de Rachid TEMAL
10 mai 2011 à Taverny
Je tiens tout d’abord à vous remercier d’être venu ce soir à l’invitation de la section socialiste de Taverny-Bessancourt. J’y associe bien évidemment la fédération du parti socialiste du Val d’Oise.
Il n’est pas simple de réunir autant de monde un mardi soir. Et même quand nous célébrons le 30ème anniversaire de l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la république…nous avons de la concurrence avec quelques téléfilms ou émissions spéciales à la télé. Donc merci.
Je tiens également à remercier les nombreuses personnalités présentes ainsi que les représentants de partis politiques de gauche : Le Parti communiste Front de Gauche, Europe-Ecologie les verts, le parti radical de gauche. Mais aussi les responsables associatifs ou simples citoyens.
Alors pourquoi fêter Mitterrand à Taverny. A part l’envie des militantes et des militants de la section… J’ai trois réponses :
La première est que Taverny fut à l’honneur en 1981, avec le plus jeune député maire de France Jean-Pierre Le Coadic. Il n’a pu être là ce soir, mais je souhaite l’associer particulièrement à cette soirée. Il a été le premier maire socialiste de Taverny avec une équipe d’union de la gauche, avec le Parti communiste. Voisin de mes parents, il a été un exemple. Je le voyais dans ma résidence et à l’assemblée nationale. Jean-Pierre Le Coadic, jeune député maire, pouvait s’appuyer sur un jeune premier adjoint qui depuis à fait une belle carrière, Maurice Boscavert, maire de Taverny depuis 1989.
La seconde c’est que nous sommes dans une situation assez similaire à celle de 1981. Une droite au pouvoir depuis plus de deux décennies. Un bilan économique et social catastrophique. Des voyants dans le rouge. Un désespoir qui marque nos banlieues. Un chômage de masse. La France a besoin de changer, de changer de majorité politique.
La dernière est la capacité d’un homme, d’un parti, d’un réseau d’élus et de militants, d’alliés politiques à porter un projet politique alternatif pour changer la vie. C’est tout l’enjeu qui est le nôtre. Créer les conditions de la victoire, de l’adhésion de nos concitoyens pour 2012.
Mais avant cela, comment ne pas citer quelles mesures de la Présidence de François Mitterrand : la retraite à 60 ans, le passage à 39heures hebdomadaires, la 5ème semaine de congés payés, la hausse du smic, , la liberté de la presse, la construction européenne, la fête de la musique, le Grand Louvre, le développement des universités, la décentralisation…. et bien évidemment, l’abrogation de la peine de mort (comment ne pas y associer Robert Badinter). Permettez-moi d’y ajouter trois points, peu mis en avant : la carte de séjour automatique de dix ans, et trois discours : celui de Cancun, celui au Bundestag allemand et celui devant la Knesset israélienne.
La victoire de 1981 était incarnée par un homme, qui incarnait un « projet de société ». C’est à mon sens, ce qui depuis manque, le plus aujourd’hui, à la gauche. Porter un espoir.
Notre soirée, qui se veut festive et ouverte, ne doit pas être tournée vers le passé mais bien vers l’avenir. Partir de ce formidable personnage qu’était François Mitterrand pour nous tourner vers 2012.
Vous aurez l’occasion de vous exprimer sur les mûrs d’expression « Mon 10 mai 1981 » et « Mon mai 2012 ». L’un avec vos souvenirs. L’autre avec vos espoirs, vos attentes, vos envies. Nous les adresserons au candidat socialiste pour 2012.
Nous avons également souhaité avoir deux tables rondes participatives. Avec pour la première des témoins de l’époque, des politiques et des syndicalistes. Pour la seconde, un regard vers le 6 mai 2012 à 20 heures, heure à laquelle nous connaîtrons le nom de notre prochain président, que nous espérons de gauche.
L’enjeu même de cette élection est celui de l’alternative politique. Pour autant, cette alternative doit être réelle. C’est à la gauche réunie de l’incarner et de la porter. Non par principe, mais parce qu’il faut changer de politique économique et sociale. L’échec de Nicolas Sarkozy et consorts (Fillon, Copé, Borloo, Villepin) est flagrante. Chacun peut le constater.
Pour assurer l’alternance, le parti socialiste doit faire preuve de méthode. D’abord un projet. Il sera adopté à la fin du mois – nous le présentons en parti ce soir à Taverny. Ensuite un(e)candidat(e) sera désigné(e) via des primaires ouvertes les 9 et 16 octobre prochains. Sur le canton (Taverny, Bessancourt et Frépillon). Enfin, un accord de gouvernement avec les forces de gauche pour la mise en place de mesures concrètes pour notre pays et les français dès le lendemain de l’élection présidentielle : des mesures pour relancer l’économie, créer des emplois, augmenter le niveau de vie, renforcer l’école, assurer pour nos aînés une retraite digne de ce nom.
Permettez-moi pour conclure de vous lire quelques lignes de la première intervention de François Mitterrand le 10 mai à Château-Chinon : « Cette Victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de la création, des forces du renouveau, qui se sont rassemblées dans un grand élan national pour l’emploi, la paix, la liberté, thèmes qui furent ceux de ma campagne présidentielle et qui demeureront ceux de mon septennat. Elle est aussi celle de ces femmes, de ces hommes humbles militants pénétrés d’idéal qui, dans chaque commune, dans chaque ville, chaque village, toute leur vie ont espéré ce jour où leur pays viendrait à leur rencontre ». Ces mots résonnent d’actualité.
Alors, mes chers camarades, mes chers amis, c’est ensemble que nous devons faire que la majorité politique de notre pays soit à nouveau celle de la majorité sociale. Nous devons construire un nouvel espoir pour la France. Nous devons proposer une nouvelle voie à notre pays et à nos compatriotes. N’oublions jamais ; quand la gauche rencontre la France, c’est la France qui gagne.
C’est ensemble que nous devons construire un nouveau rêve, le nouveau rêve français dans le prolongement de celui porter par Jean Jaurès, Léon Blum, Pierre Mendès France, Michel Rocard, Lionel Jospin et François Mitterrand. C’est le défi de notre génération.

